Pascal Feyaerts

Pascal Feyaerts est un poète, écrivain et artiste belge de langue française né à La Hestre en Belgique.

Collaborations aux revues littéraires

  • Le Spantole
  • Traversées
  • La pensée wallonne
  • Les Élytres du Hanneton
  • Bleu d’Encre
  • Microbe
  • Le Journal des poètes
  • Recours au poème (revue internationale de poésie contemporaine en ligne)

Poésies

Nouvelles

Anthologies :

  • Résonance (anthologie du Cercle de la Rotonde), collectif, Bruxelles, éditions Mémor, 2006.
  • La nouvelle poésie française de Belgique, anthologie, Châtelineau, éditions Le Taillis Pré, 2009.
  • Les entrelus de Jean-Michel Aubevert : De la rose au calame, Mont-Saint-Guibert, éditions Le Coudrier, Collection « à cœur d’écrits », volume 1, 2020.
  • Les entrelus de Philippe Leuckx : Aux hautes marges, Mont-Saint-Guibert, éditions Le Coudrier, Collection « à cœur d’écrits », volume 2, 2021.
  • Belgique, Terre d’aphorismesTome 2 de Michel Delhalle, Cactus Inébranlable éditions, 2024.

Autre :

Sur un nuage, concert Musico-poétique avec Marielle Vancamp, 2010.

Telle l’atrabile (Feyaerts/Vancamp) – Vidéo indisponible temporairement.

Tristan et Yseut (Feyaerts/Vancamp)

Un pas de deux (Feyaerts/Vancamp)

J’habite un nuage (Feyaerts/Vancamp)

Extraits de livres :

La distance ravive, dit-on, le verbe qui s’échoue et le soir se saisit de ton absence comme le rideau rend plus vivace encore les acteurs qu’il feint de gommer. Je voudrais te parler de la lune, te dire que la nuit tous les chats ne sont pas gris, qu’en dépit de leur nom les rigoles manquent singulièrement d’humour, qu’elles ont, elles aussi, leur part d’ombre et que certains y ont abandonné leur âme : je m’y perds tout comme eux, loin de tout, loin de toi… Je voudrais te parler de mes voyages et du temps, te dire que les trains qui fuient leur ombre n’ont pas d’attaches ni d’heure pour le départ, et que les seules horloges que je connaisse épellent chacune des lettres de mon prénom mais ignorent tout de toi. Elles ont l’éternité pour t’attendre et je n’ai plus aucun nom à leur donner et toujours un train à prendre.  

Extrait de L’Amour en Lettre Capitale

Leurs mains restaient face à face comme deux miroirs complices cherchant dans la vérité des paumes le pourquoi de la pudeur et si s’aimer était possible, le désir se jouant de l’opaque. À reflet identique, comparable ivresse et ostensiblement l’attrait se soumettait à l’étreinte comme le vouloir au voulu, comme la promesse au serment, avec quand même en sursis la crainte de voir (était-ce peur ou pressentiment ?) la vie, cette vie, la leur, s’abîmer, s’émietter, dans un lamentable bris de glace.

Extrait de Claustrophobie ou les Rues de Pandémonium

Mon content d’ailes : un désastre ! Rien ne résiste au cri de l’enfant sensible en qui se plaisait la nuit et qui se heurte à la lumière du matin. Naître est un défi, quand on a déjà inventé le fil à couper les leurres et qu’on aime les machines cassées à qui il ne manque qu’un grain de poésie pour fonctionner !  

Extrait de Le Miroir aux Allumettes

Le monde s’est séparé de toi
Et pourtant je te sais guérie
Dans la jouvence d’un nouveau jour
Dans l’enseignement d’un nouvel espace
Et dans l’évanouissement du sang
Tandis que malades nous sommes
Du vide que tu as laissé

Faudra-t-il que sereins nous avancions
Comme lentement on le ferait à tâtons
Alors que tout en nous nous invite à pleurer ?
Combien de larmes peut donc contenir un nuage
Avant qu’il ne se mette à pleuvoir ?
Tu nous as laissé ta trace et ton lustre
Ta gentillesse et ta disponibilité
Rien de tout cela n’a trépassé
Même pas toi ni ton regard
Que je revois à l’instant
Comme un souvenir solide

De ne voir que ton ombre
Ne signifie pas que tu n’es plus là
L’envers du soleil est bien plus chaud
Pour une âme que pour un corps
Est-ce pour cela qu’il fait ici si froid
Et que tu nous tiens à distance
De peur que l’on ne se brûle ?

Que tu nous sembles lointaine
Et pourtant à la fois si proche
Encore hier je te tenais la main
Je partageais ton repas et ton vin
Nous bâtissions des églises
Pour y déposer nos peines
Et l’hyménée des rires
Laissait cela à distance

Même douloureuse la séparation n’est qu’illusoire
Et combien fier est le bateau qui comprend
La grandeur de son naufrage
Et aspire à la quiétude comme
A un lieu habitable et étanche

Le ciel a rajeuni depuis ton hiver
En une saison unique et rayonnante
La volupté et la promesse d’une vie augmentée
A pris la place de nos échanges
Et le bonheur qu’aucun être ne peut
Connaître ici-bas t’est enfin délivré

L’univers n’attendait plus que toi pour
Exister un peu plus et un peu mieux encore
Apportes-y tout ton amour et le nôtre
Et qu’ils y scintillent ensemble
Éternellement

Où que tu sois

J’espère que tu danses

Extrait de QuintessenCiel

Il disait que tous ses lits étaient défaits, qu’il avait goûté à tous les sommeils et qu’il était étonné de ne pas sentir peser sur lui le poids de l’amer repos ; que ses bagages étaient pleins déjà d’un soleil réminiscent et qu’il avait fait nombre de voyages : qu’aucun ne lui avait parlé du pays d’en haut.  Il ajoutait encore que ses habits, trop vieux, ne plaisaient plus aux mythes et se plaignait enfin de vivre en un lieu où le noir succombait plus que la lumière. 

On lui répondit par courrier express venu du ciel que l’ordinateur avait dû mal enregistrer son nom, que la réparation risquait d’être longue, peut-être mille ans, et que pour nourrir son attente il n’avait qu’à léguer son sang à l’Histoire.

Extrait de Claustrophobie ou les Rues de Pandémonium

Toute l’eau du port ne
suffit pas à inonder le songe
partons ainsi qu’assis
dans l’entrelacs de nos récits
qui voyage dit-on
ne revient pas sans mirage
ni vent cousu aux doigts

Extrait de Le Miroir aux Allumettes

Mes amoureuses ont parfois un visage d’encre. J’aime la grammaire compliquée de leur cœur qui se refuse à la syntaxe du futile. Et s’il m’arrive de les rencontrer, c’est que, malignes, tout comme moi elles savent que le désir est le seul sentiment qui vaille d’être écrit avec les lèvres.

Extrait de L’Amour en Lettre Capitale

C’est sous une équerre de lune qu’elle nous invite à partager son petit lotissement d’ombre.  On la dirait sortie d’une peinture d’Egon Schiele. Elle est heureuse cependant et ses traits, un rien quinconces, débordent d’inanité construite.  Fragile jusqu’à l’impossible et fuyante au possible pour qui veut la saisir, elle est mal dans ses baskets et pourtant droite dans ses gestes qui se posent toujours juste où il pleut. 

Extrait de D’ils et d’Ailes

Faut-il rendre le champagne à ses bulles, à Hippocrate son serment et ses larmes à un chagrin qui en a bien besoin ?  Ou tant qu’à faire céder le ciel à ses anges et s’intéresser aux nuages pour jauger la distance qui sépare un havre de ma souffrance ?  La question est : Faut-il ?  

Extrait de Claustrophobie ou les Rues de Pandémonium

Il y a de l’aquarelle dans son regard, tout un verger s’y compose. Pour peu on y cueillerait le rouge fruité d’un baiser. La lumière fait repas d’ombre sous ses pas. On la célèbre à défaut d’oser l’aimer. Elle collectionne les boucles d’oreilles qui à la semblance d’une inflorescence font de son rose visage la fleur principale d’un bouquet qu’on n’aurait pu rêver plus beau. La volupté est le parfum qu’elle préfère et c’est avec parcimonie qu’on la respire.

Extrait de D’ils et d’Ailes

Je me suis assis à côté d’une fontaine. L’eau y était claire, jouissive et l’air était bleu qui se donnait à moi. J’existais, et, elle aussi. Bruyamment, elle m’avait invité à la détente. Seules sous l’air bleu et près de l’eau qui vibrait nos solitudes s’épousaient. Elle coulait claire et limpide aussi incompréhensible qu’un poème de Mallarmé, et cependant si éclatante dans son rythme justifié par la beauté. Trouvant mes abords fréquentables, elle me traversait pourtant sans me voir et je ne la comprenais pas : je n’en avais pas besoin. Je l’aimais parce qu’elle coulait là sous moi et remplissait mon ombre qui la buvait.

Extrait d’Aspérités

Ce cœur n’a plus de portes, sa peine est à revendre, quelque chose de cher en lui a pris son envol. Où sont les ailes, qui sont les anges ? Où est le passé et où vont se déposer les larmes ? Ce sont là les questions d’un cœur en deuil. L’air est devenu irrespirable, il y manque cette bouffée de l’autre qui le rendait si harmonieux.  Et le temps s’est écoulé. Le vent a continué à meurtrir les branches.  Et la lumière du réverbère est toujours là qui fait scintiller la nuit. Comme si de rien n’était. Comme si ce rien n’était pas tout.  Comme si ce tout n’était qu’un leurre. Et soudainement une petite voix dit « c’est moi ». Et on la reconnaît sans la nommer. Elle était dans le vent et dans le cœur des branches et dans la lumière du réverbère ! Elle était en lui, en elles, en nous ! La peine n’était pas son seul corps.  Elle était dans ce cœur sans porte ni fenêtre et ne demandait qu’à exister dans ce petit peu de nous qui s’illumine quand on aime sans regret.

Extrait de D’ils et d’Ailes

Je connais un ange qui a égaré ses ailes

Et je sais l’oiseau dont le chant s’est rompu

C’était un jour où le ciel en outrage

De mille éclairs criait sa rage

Comme un homme hurle à l’amer

Si d’aventures vous rencontriez cet ange

Dites-lui que j’ai retrouvé ses ailes

Et le chant de l’oiseau

Qu’ils cohabitent comme on s’aime

Dans l’attente de cieux plus cléments

Extrait de D’ils et d’Ailes

Il faut faire métier d’angle

Si l’on veut respecter l’arête

Qui lie la mélancolie à l’espoir

Le provisoire à l’infini

Et que la vie soit d’équerre

Dans la permanence

Des solitudes trop apprises

Extrait d’Aspérités

Et si l’on s’asseyait à la même fable 

histoire de faire un brin de causette

et de se sustenter d’un poème ou de deux

de douze pieds ou voire plus léger

et si vous êtes au régime oublions

les rimes un rien trop riches

Poèmes d’un grand auteur ou pourquoi pas

de mon petit voisin qui aime à écrire

sur les ailes des oiseaux migrateurs

Je choisis votre livre préféré  Je ne

suis pas compliqué vous voyez

C’est par le verbe que l’on se livre

et à mots découverts que l’on lie

la soie de l’ombre à la parole

Un mot de vous suffit

et je me mets à (votre) table

Extrait de Le miroir aux Allumettes

De l’expiation sont issues

Les cathédrales

Mais c’est beau y a pas à dire

Et d’humbles briques suffirent

À construire de modestes maisons

Seul l’oiseau les relie

Qui ne sait ni le péché ni la pauvreté

Et rien sur sa propre résurrection

Mais vole toujours plus haut

Extrait de Locataire

aucun bateau

ne meurt

pour de vrai

abandonné au

jusant ou à la mer

il vogue au gré

des humeurs de la houle

le désordre des vagues

lui tenant lieu de bible

Extrait de Patience de l’infime

Je suis l’arbre qui dissimule son bois sacré.
Je m’invente une foultitude d’insectes,
chapelet vivant dans l’étoffe de la solitude
qui ronge mon fauteuil de ronces.

Silencieux, ils effleurent
à peine mes feuilles et mes fruits.
Ignorant l’essence de mon être,
je me satisfais de croître, de mourir
et d’éclore sans souci de descendance.

Ma lumière devient le trésor d’autrui,
je lègue mon obscurité en héritage
au néant et, jalousement, je veille
sur la récolte des verbes.

Extrait de Racines de l’éphémère

Le photographe du silence

Extrait de Nouvelles en quête d'(H)auteur

Liens externes

Maison de la poésie

Association des Écrivains belges

Auteurs de l’entité de Courcelles d’hier à aujourd’hui : Pascal Feyaerts, poète aérien

Association Royale des Écrivains et Artistes de Wallonie

Interview Sabam Magazine – Sylvie Godefroid

Recensions

Parmi les nombreuses recensions, on peut citer celles d’Éric Brogniet, Éric Allard, Philippe Leuckx, Patrick Deveaux, Anne-Marie Derèse, Armand Simon, Tito Dupret, Jean Jauniaux, Marie-Clotilde Roose, entre autres. En voici quelques exemples :

Locataire – recension de Jean Jauniaux

Aspérités – Recension de Tito Dupret

Racines de l’éphémère – recension de Jean Jauniaux

Patience de l’infime – recension d’Eric Allard

Sur Claustrophobie ou les Rues de Pandémonium

Analyse

Théâtre

La paix chez soi / George Courteline
L’adultère / Pierre Sauvil
L’adultère / Pierre Sauvil